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Où est le pouvoir d'agir ?

La récente démission de Nicolas Hulot illustre l’impasse dans laquelle nos sociétés sont plongées, au seuil de crises environnementales majeures, et pourtant incapables d’engager radicalement les transformations à la mesure des risques encourus.

C’est pourquoi nous nous associons sans réserve aux voix qui s’expriment aujourd’hui pour demander au Président de la République la mise en œuvre d’une politique résolument volontariste en matière de transition écologique et réellement à la hauteur de ses enjeux pour l’avenir de notre planète et de l’humanité.

Au doute exprimé par le ministre quant à sa capacité réelle à provoquer des changements immédiats dans ce contexte politique, nous retenons également son constat de relative solitude pour porter l’impératif de cette urgence environnementale. Ce constat confirme les limites d’un raisonnement qui consisterait à penser la transition écologique comme la seule résultante des décisions politiques prises au plus haut de l’Etat.

Nous partageons collectivement l’immense responsabilité de penser et de construire le monde face à l’urgence, il nous appartient donc d’agir sans remettre à d’autres le soin des décisions à prendre. Ainsi, à l’ambition courageuse que nous attendons d’une politique nationale résolue en matière de transition écologique, nous affirmons la nécessité de démultiplier sans plus attendre l’action en territoire, mobilisant citoyens et acteurs locaux.

C’est tout le sens du projet associatif du réseau des CPIE, résumé par l’expression « le pouvoir d’agir » !

Parce que le pouvoir d’agir ne s’use que si l’on ne s’en sert pas, la démission de Nicolas HULOT vient nous rappeler soudainement l’impérieuse nécessité d’incarner ce message de révolution environnementale. Elle nous invite à nous investir pour préserver la biodiversité, enrayer le réchauffement climatique, s’adapter à ce qui déjà est inexorable et mettre l’urgence environnementale au centre de nos choix et de nos actions individuelles et collectives, nouveau paradigme pour appréhender les dimensions économiques et sociales de notre société.

Le coeur d’un peuple est plus puissant que tous les lobbies du monde ! Et le coeur de notre peuple bat déjà au diapason de la transition écologique. Dans la cacophonie des intérêts singuliers, se dessinent à travers de multiples initiatives locales les contours d’un bien commun, dans lequel la qualité prime sur la quantité, le long terme supplante le court terme, la solidarité rivalise avec l’individualisme. Le temps est venu de permettre à cette aspiration de prendre toute sa place. Renforcés par notre alliance avec la Fondation pour la Nature et l’Homme, nous sommes plus que jamais en capacité de nous impliquer dans nos territoires pour initier de nouvelles actions, et participer ainsi à l’émergence de ce nouveau monde, écologique et solidaire !

A nous d’agir, nous en avons le pouvoir !

Dominique Larue Président de l’Union nationale des CPIE